Prix : 6.00EUR

Un steak
Jack London

Éditions Libertalia. 72 pages.
Illustrations de Thierry Guitard, préface de Loïc Wacquant, traduction de Frédéric Cotton.

« Il rit avec le plus de conviction possible tandis qu’elle se serrait plus fort contre lui. Par-dessus ses épaules, il regarda la pièce vide. C’était tout ce qu’il possédait au monde, avec un loyer de retard, plus elle et les gosses. Et il quittait tout cela pour aller chercher dans la nuit la nourriture pour sa compagne et ses petits – pas comme le travailleur moderne rejoignant sa corvée machinale mais à la manière animale ancienne, primitive, royale : en se battant pour l’avoir. “Si c’est gagné, c’est trente billets et je peux payer tout ce qu’on doit avec un peu d’argent en plus. Si c’est perdu, j’aurai rien, même pas un penny pour rentrer à la maison en tram”. »

Un steak est la plus réussie des quatre nouvelles de Jack London évoquant le « noble art » : le texte dépouillé au ton clinique et à la précision millimétrique donne au lecteur le sentiment de pénétrer au cœur même de l’agir pugilistique. Cet effet de réel doit beaucoup à la longue expérience de praticien et d’observateur de la boxe de l’auteur de Martin Eden.

Illustré par Thierry Guitard, traduit par Frédéric Cotton (traducteur d’Howard Zinn et Orwell), ce petit texte est préfacé par l’universitaire Loïc Wacquant (Les Prisons de la misère, Punir les pauvres, Corps et âme) qui analyse les liens entre pauvreté, virilité et monde pugilistique.